Au Canada, les journalistes ne devraient pas avoir à regarder par-dessus leur épaule simplement parce qu’ils font leur travail. Mais c’est exactement ce qui arrive à la journaliste du Globe and Mail Carrie Tait, qui a été la cible d’une campagne d’intimidation en ligne inquiétante. Un compte anonyme sur les réseaux sociaux a publié des photos d’elle prises à son insu, a suivi ses déplacements privés et a laissé entendre qu’il dévoilerait ses sources confidentielles.

« Ce genre de tactiques d’intimidation n’a pas sa place dans une société démocratique », a déclaré Brent Jolly, président de l’Association canadienne des journalistes (ACJ). « Il s’agit d’attaques contre les fondements mêmes de la liberté de la presse, garantis par la Charte canadienne des droits et libertés. »

« Cibler un journaliste simplement parce qu’il ou elle fait son travail est un acte lâche qui met en danger non seulement le journaliste, mais aussi le travail d’intérêt public essentiel que représente le journalisme. Carrie Tait devrait être saluée pour son travail, et non parodiée ou surveillée. »

En tant que journalistes, notre travail est de demander des comptes au pouvoir. Parfois, cela implique de poser des questions difficiles aux membres du gouvernement. Mais les journalistes ne perdent pas leur droit à la sécurité ni à la dignité lorsqu’ils appuient sur « publier ». La surveillance, le harcèlement et les menaces publiques ne font pas partie de leur description de poste. Et lorsque les élus ou leurs alliés restent passifs pendant que cela se produit – ou pire, l’amplifient – ils envoient un message dangereux.

Le cabinet de la première ministre Danielle Smith a affirmé n’avoir rien à voir avec la campagne ciblant Tait. Très bien. Après avoir d’abord refusé de commenter, Mme Smith a finalement déclaré condamner ce qui arrive à Tait et a ajouté : « Personne ne devrait harceler qui que ce soit, et je ne commente pas les comptes de marionnettes.» Ce n’est pas suffisant. Mme Smith doit clairement et publiquement dire à ses partisans d’arrêter.

Nous demandons à la première ministre de dénoncer avec force le harcèlement de Carrie Tait et d’ordonner à ses partisans de cesser ces tactiques d’intimidation.

Le journalisme de Mme Tait a joué un rôle important dans la révélation des allégations d’ingérence politique au sein des Services de santé de l’Alberta. Ses reportages ont contribué à mettre en lumière des allégations selon lesquelles des représentants du gouvernement auraient tenté d’influencer les décisions d’approvisionnement de l’agence. Ces allégations font actuellement l’objet d’une enquête de la GRC et du vérificateur général de la province.

L’ACJ est solidaire de Tait et de tous les journalistes du pays qui refusent d’être réduits au silence par les menaces. Le public a le droit de savoir ce qui se passe dans ses gouvernements, ses hôpitaux, ses services de police et ses entreprises. Et nous ne reculerons pas.

Tout journaliste préoccupé par sa sécurité est invité à communiquer avec le président de l’ACJ en tout temps à l’adresse brent@caj.ca. Les journalistes peuvent également consulter les ressources de l’ACJ sur la sécurité numérique, la défense des droits et les préjudices et harcèlements en ligne.

The Canadian Association of Journalists is the country’s largest professional organization that serves to advance the interests of journalists from coast to coast to coast. The CAJ’s primary roles are public-interest advocacy work and professional development for its members.

For further information: Brent Jolly, president, Canadian Association of Journalists, brent@caj.ca

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