REGINA, le 23 novembre 2022/ CNW/ – L’Association canadienne des journalistes (ACJ) demande au gouvernement de la Saskatchewan et au ministre de la Justice et procureur général de la province de retirer leur demande inutile d’interdiction de publication radicale qui empêcherait les journalistes de rendant compte de l’audience à venir sur le cautionnement d’une paire de sœurs Saulteaux dans une possible affaire de condamnation injustifiée.

Les sœurs Nerissa et Odelia Quewezance doivent comparaître pour une enquête sur le cautionnement devant un tribunal de Yorkton, en Saskatchewan, les 24 et 25 novembre. Leur cas a attiré une attention considérable ces derniers mois après que le groupe de révision des condamnations pénales du ministère de la Justice a déclaré en juin qu’il « peut y avoir une base raisonnable pour conclure qu’une erreur judiciaire s’est probablement produite dans cette affaire ». David Lametti, le ministre fédéral de la Justice, a ordonné une enquête sur les condamnations.

Les sœurs ont passé environ trois décennies en prison après avoir été condamnées à la prison à vie après avoir été reconnues coupables du meurtre au deuxième degré d’un fermier local, Joseph Anthony Dolff, en 1994. Les sœurs cherchent à être disculpées après le cousin du couple, Jason Kashane, a plaidé coupable d’avoir tué Dolff. Il a été condamné à cinq ans de prison.

Si elle était accordée, l’interdiction de publication scellerait également les archives judiciaires.

« Au Canada, la publicité des tribunaux et la liberté de la presse sont des valeurs fondamentales qui sont ancrées dans notre compréhension juridique et culturelle du fonctionnement de systèmes efficaces », a déclaré le président de l’ACJ, Brent Jolly.

« Imposer des restrictions qui instituent un « cône de silence » proverbial empêche le public d’examiner correctement le fond de l’affaire. Ce manque de transparence jette une ombre sur le droit du public à savoir. Le tribunal doit se demander : quels droits seraient protégés en imposant cette interdiction de publication ? »

En général, les interdictions de publication sont des ordonnances rendues pour protéger le ou les droits protégés par la Charte de l’accusé à un procès équitable et public. Ils sont également utilisés pour garantir que les victimes, les témoins et d’autres personnes puissent participer aux procédures judiciaires sans subir de conséquences négatives.

L’ACJ appuie les efforts déployés par les organes de presse, dont APTN et Radio-Canada, pour contester ces ordres de témoigner et de tenir le public informé.

« En tant que mandat public, le journalisme doit toujours mettre en lumière les façons dont notre tissu social peut être en lambeaux, déchiré ou avoir besoin de réparations », a déclaré Jolly. « Tout effort visant à museler les médias non seulement empiète sur la poursuite de la justice, comme dans ce cas, mais il témoigne également de l’abus plus large des systèmes de transparence et de responsabilité dans notre société. Il faut que justice soit rendue. »

 

L’Association canadienne des journalistes est une organisation professionnelle qui compte 1 300 membres à travers le Canada. Les rôles principaux de l’ACJ sont le travail de défense de l’intérêt public et le développement professionnel de ses membres.

Pour plus d’informations, contactez:

Brent Jolly, président de l’ACJ – 289-387-3179, brent@caj.ca