novembre 18, 2024
L’Association canadienne des journalistes (ACJ) demande à l’Alma Mater Society (AMS) de l’Université Queen’s, l’association des étudiants de premier cycle, de retirer son projet de présenter une motion radicale qui pourrait empiéter sur la liberté éditoriale du journal indépendant dirigé par les étudiants de l’université, The Queen’s Journal.
Dans un éditorial publié le 15 novembre, les rédactrices en chef du Journal, Allie Moustakis et Skylar Soroka, expliquent comment les motions à venir pourraient empiéter sur l’autonomie éditoriale de la publication et sur les principes de liberté d’expression et de liberté académique sur le campus. L’ACJ convient que les motions, telles qu’elles sont actuellement présentées, pourraient conduire à de futurs cas potentiels de censure.
« Permettre aux dirigeants gouvernementaux, de quelque acabit qu’ils soient, de décider des reportages qui doivent être publiés par un organisme de presse est odieux et constitue une attaque frontale contre le rôle démocratique d’une presse libre », a déclaré le président de l’ACJ, Brent Jolly.
La question de l’ingérence éditoriale est un sujet qui a été examiné par le Comité consultatif d’éthique indépendant de l’ACJ. Dans un document de politique de 2007 sur l’ingérence éditoriale, le comité stipulait que « le contenu éditorial ne devrait pas être montré à [qui que ce soit] avant publication ou diffusion ». Bien que beaucoup de choses aient changé dans l’industrie de l’information au cours des deux dernières décennies, cette pratique de base n’a pas changé.
Comme le souligne l’éditorial, le Journal dispose actuellement de structures de responsabilisation substantielles. Par exemple, la publication est responsable devant un comité consultatif éditorial et son conseil d’administration. Le Journal est également membre du National NewsMedia Council, un organisme tiers qui accepte et évalue les plaintes éditoriales des membres du public.
« La mise en œuvre de politiques et de pratiques appelées par euphémisme « soutiens », mais qui, en réalité, se font passer pour des occasions d’interférer potentiellement dans les activités journalistiques, est incroyablement orwellienne. C’est le genre d’exercices dont nous sommes témoins dans les dictatures de pacotille et les régimes autoritaires – pas dans les établissements publics d’enseignement supérieur au Canada. »
Les motions proposées devraient être mises au vote lors d’une réunion le 18 novembre.
The Canadian Association of Journalists is the country’s largest professional organization that serves to advance the interests of journalists from coast to coast to coast. The CAJ’s primary roles are public-interest advocacy work and professional development for its members.
For further information: Brent Jolly, president, Canadian Association of Journalists, brent@caj.ca

