mars 7, 2025
L’Association canadienne des journalistes (ACJ) est très préoccupée par la multiplication et la récurrence des restrictions que les gouvernements, les fonctionnaires et d’autres acteurs politiques imposent aux journalistes au Canada.
L’ACJ a noté que des journalistes de plusieurs organes de presse ont été empêchés de couvrir des événements, ont été menacés ou ont fait l’objet de restrictions injustes en raison de leur capacité à poser des questions aux hommes politiques au cours des dernières semaines.
« Le fondement de la société démocratique passe par la responsabilisation des dirigeants politiques », a déclaré Brent Jolly, président de l’ACJ. « Les leaders politiques qui tentent de se soustraire à cette responsabilité fondamentale en évitant les questions légitimes des journalistes violent le processus démocratique », a-t-il ajouté.
À titre d’exemple, des journalistes du Western Standard se sont vu refuser l’accès à un point de presse avec le candidat à la direction du parti libéral, Mark Carney, alors qu’ils avaient reçu un courriel de la campagne les invitant à y assister. C’était la deuxième fois cette année que l’accès était refusé à ce média.
Comme l’a montré le Projet sur la liberté de la presse au Canada (CPFP), les journalistes qui couvraient un récent rassemblement du parti conservateur fédéral à Ottawa ont été confinés au fond d’une salle et empêchés d’interviewer des gens. Lors d’une récente conférence de presse à Toronto, Pierre Poilievre a également refusé de répondre aux questions des organes de presse autres que des médias approuvés.
L’ACJ reconnaît également un incident récent qui s’est produit le soir des élections en Ontario avec un groupe d’étudiants en journalisme de l’Université métropolitaine de Toronto. Lors de cet événement, les responsables du parti progressiste-conservateur de l’Ontario ont exigé de savoir pour qui les étudiants journalistes avaient voté. Lorsque les étudiants ont refusé de révéler leurs choix personnels, les responsables les ont forcés à quitter le quartier général du parti.
« Ces événements ne sont que la pointe de l’iceberg », a déclaré M. Jolly. « Ce qu’il est important de reconnaître, c’est qu’il s’agit d’une attaque contre le journalisme qui transcende l’affiliation politique ou les croyances idéologiques et qui vise à limiter la capacité des journalistes à faire leur travail correctement. »
Ces violations comprennent également les efforts déployés par les gouvernements et les fonctionnaires pour entraver et retarder la diffusion d’informations par le biais des systèmes fédéraux, provinciaux et municipaux de liberté d’information.
À la fin du mois dernier, par exemple, l’ACJ a demandé au gouvernement provincial de la Nouvelle-Écosse de revenir sur son projet de révision en profondeur de son système d’accès à l’information. L’ACJ attend également la publication des règlements finaux de la Loi albertaine sur la protection de la vie privée (POPA) et de la Loi sur l’accès à l’information (ATIA), qui remplaceront l’ancienne Loi sur la liberté d’information et la protection de la vie privée (FOIP). Cette législation a reçu la sanction royale à la fin de l’année 2024, malgré les appels au changement lancés par le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de la province.
Plus inquiétant encore, en février dernier, la GRC s’est rendue aux bureaux de l’Ubyssey et a demandé des informations sur les sources du journal. L’Ubyssey n’a pas fourni d’informations, comme il se doit. Cette attaque contre la liberté de la presse s’est produite alors que la GRC s’est excusée le mois dernier pour avoir violé les droits des journalistes.
Face à ces nombreuses violations, l’ACJ encourage tous les journalistes qui ont été confrontés à des restrictions inutiles et/ou arbitraires dans leur capacité à faire leur travail à contacter brent@caj.ca et à documenter les incidents auprès du Projet sur la liberté de la presse au Canada (CPFP).
« La liberté de la presse est un droit fondamental protégé par la Charte canadienne des droits et libertés », a déclaré M. Jolly. « Alors que les prochaines élections fédérales soulèveront sans aucun doute de nombreuses questions sur l’avenir du journalisme au Canada, il est essentiel que la liberté de la presse soit respectée, faute de quoi elle ne pourra jamais faire l’objet d’un vote. »
Divulgation : L’ACJ est une organisation partenaire du Projet sur la liberté de la presse au Canada (CPFP). Brent Jolly est membre du conseil d’administration.
The Canadian Association of Journalists is the country’s largest professional organization that serves to advance the interests of journalists from coast to coast to coast. The CAJ’s primary roles are public-interest advocacy work and professional development for its members.
For further information: Brent Jolly, president, Canadian Association of Journalists, brent@caj.ca

