L’Association canadienne des journalistes (ACJ) demande au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec, l’organisme de surveillance civile indépendant qui enquête sur les indices d’inconduite policière, d’enquêter immédiatement sur la vague de violations de la liberté de la presse commises par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) contre des journalistes couvrant des manifestations.

Au cours des derniers mois, l’ACJ a documenté plusieurs cas de comportements hostiles de la part de policiers envers plusieurs journalistes montréalais. Le plus récent incident s’est produit en août : deux journalistes, Isaac Peltz et William Wilson, ont été agressés par des agents du SPVM alors qu’ils couvraient une marche de la fierté alternative, la Rad Pride.

Isaac Peltz a déclaré qu’iel portait un insigne de presse visible sur la poitrine et dans le dos afin de montrer clairement aux forces de l’ordre qu’iel participait à la marche pour documenter les événements en tant que reporter.

Isaac Peltz a affirmé que les agents n’avaient pas tenu compte de leur accréditation de presse et l’avaient frappé à plusieurs reprises au ventre et sur le côté, tout en menaçant une arrestation. Peltz a partagé plusieurs images avec l’ACJ, montrant des ecchymoses importantes à l’abdomen. Après l’agression, iel a publié des images de l’interaction sur YouTube et Instagram. L’agression a eu lieu alors que la police affrontait des manifestants lors de la marche.

« Il s’agit d’un comportement totalement illégal de la part des mêmes agents chargés de maintenir l’ordre et de faire respecter la loi », a déclaré Brent Jolly, président de l’ACJ. « C’est le dernier coup dur pour le SPVM dans sa gestion des journalistes qui couvrent les manifestations. »

L’été dernier, Oona Barrett, vidéojournaliste chez Pivot, a été menacée d’arrestation alors qu’elle couvrait une manifestation environnementale près de l’aéroport de Montréal.

Plus tôt en 2024, Savanna Craig, alors journaliste à CUTV, a été arrêtée par le SPVM et accusée de « méfait » alors qu’elle couvrait une manifestation devant une banque du centre-ville. Toutes les accusations portées contre elle ont ensuite été abandonnées.

À la suite de ces interactions, des journalistes de Pivot ont interrogé l’École nationale de police, qui forme tous les policiers du Québec, sur le type de formation qu’elle offrait en matière de liberté de presse.

La réponse reçue, quelques semaines après la demande, était « aucune ».

« Ce mépris flagrant pour le rôle des journalistes témoigne de la nécessité d’un changement de culture immédiat et complet au sein du SPVM », a déclaré M. Jolly.

Tout journaliste ayant subi de l’intimidation, de la violence ou du harcèlement policier est prié de communiquer avec le président de l’ACJ, Brent Jolly, à : brent@caj.ca.

The Canadian Association of Journalists is the country’s largest professional organization that serves to advance the interests of journalists from coast to coast to coast. The CAJ’s primary roles are public-interest advocacy work and professional development for its members.

For further information: Brent Jolly, president, Canadian Association of Journalists, brent@caj.ca

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