TORONTO, ONT., le 8 mai 2024 /CNW/ – Le ministère de la Défense nationale du Canada a été choisi comme récipiendaire fédéral 2023 du prix Code du silence pour ses réalisations exceptionnelles en matière de secret gouvernemental pour avoir mis trois ans à répondre à une demande d’accès d’un chercheur d’Ottawa qui s’enquit du coût d’un programme controversé de construction de nouveaux navires de guerre canadiens.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, a estimé que le coût pour les contribuables du contrat de construction navale, qui prévoit la construction de 15 nouveaux navires de guerre pour la Marine royale canadienne dans le cadre du programme canadien de combat de surface, s’élèvera à environ 84 milliards de dollars. Selon les données citées dans un article publié en janvier 2024 par The Ottawa Citizen, le projet est actuellement en retard sur le calendrier et connaît d’énormes dépassements de coûts.

« Même si ce projet est toujours bloqué dans la cale sèche des chantiers navals Irving, il ressemble à un projet déjà coulé en termes de responsabilisation et de transparence », a déclaré Brent Jolly, président de l’Association canadienne des journalistes (ACJ).

« Tromper les journalistes et restituer 1 700 pages de documents censurés à un chercheur posant une simple question est à la fois kafkaïen et indéfendable. Cela démontre un manque de respect exaspérant à l’égard de l’intelligence des Canadiens et de leur droit de savoir comment l’argent de leurs impôts est dépensé. »

Comme le note l’article du Citizen, des responsables de Services publics et Approvisionnement Canada ont émis une directive selon laquelle les entreprises intéressées par des travaux de maintenance sur le programme canadien de navires de combat de surface ne pouvaient pas parler aux journalistes et devaient plutôt renvoyer toutes les demandes au ministère. Cette directive a été modifiée après que le Citizen a commencé à faire état de ce qu’on appelle « l’ordre de bâillon ».

En plus du manque troublant de divulgation de base associé au programme des navires de combat canadiens, le jury du Prix Code du silence a également noté une autre soumission intrigante, citant le penchant du ministère de la Défense nationale pour le secret.

Cette présentation portait sur la façon dont il a fallu trois ans au ministère pour répondre à une demande d’information en vertu de la Loi sur l’accès à l’information concernant un « canular » qui a fait craindre au public que des loups soient relâchés dans les bois près de la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, en 2020.

Un article de CBC News sur la publication de 1 500 pages de documents se lit comme suit : « Une fuite de la « lettre du loup » laisse les militaires penauds, comme le montrent les courriels internes. »

Le jury de cette année souhaite également accorder une mention déshonorante au bureau du Cabinet fédéral pour ses efforts, en partenariat avec le gouvernement australien, visant à saper secrètement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) en 2003.

Selon un article du journal britannique The Guardian, les archives du cabinet ont montré que le gouvernement australien cherchait à édulcorer le langage de la déclaration, passant d’« autodétermination » à « autogestion ». De la même manière, des modifications étaient proposées sans consultation des peuples indigènes.

« C’est un embarras international que les Canadiens doivent se tourner vers les documents conservés par d’autres pays pour comprendre comment les décisions ont été prises par notre gouvernement national sur des dossiers critiques tels que ceux impliquant les peuples indigènes », a déclaré Jolly.

« Lorsque le Canada a abandonné la divulgation proactive des documents du Cabinet dans les années 1980, cela nous a ramené d’un seul coup à l’âge de pierre en termes de transparence. C’était à l’époque une décision mal conçue et qui continue de porter atteinte chaque jour à notre droit collectif à l’information. »

Les prix Code du silence sont décernés chaque année par l’ACJ, le Centre for Free Expression de l’Université métropolitaine de Toronto (CFE) et les Canadian Journalists for Free Expression (CJFE). Les prix attirent l’attention du public sur les agences gouvernementales ou financées par des fonds publics qui travaillent dur pour cacher des informations auxquelles le public a droit en vertu de la législation sur l’accès à l’information.

L’année dernière, l’Agence des services frontaliers du Canada a été reconnue comme la gagnante fédérale pour son incapacité à divulguer des informations de base sur la façon dont le coût de l’application controversée ArriveCan pour les contribuables a dépassé les chiffres divulgués dans les estimations publiques originales des coûts.

Les autres prix Code du silence 2023 seront décernés toutes les deux semaines. Le gagnant de cette année dans la catégorie provinciale sera annoncé le 22 mai.

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