L'Association canadienne des journalistes (ACJ) est heureuse d'annoncer le lancement du sondage 2020 sur la diversité dans les salles de rédaction canadiennes – le premier sondage représentatif sur la diversité dans les médias. Ce sondage vient après trois ans de consultations avec des experts en conception de sondages et en diversité des médias et permettra de dresser un portrait - avec des données concrètes - des journalistes qui travaillent dans les médias canadiens. 

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FAQ

Pourquoi ces renseignements sont-ils recueillis ?

Il existe un large consensus autour de la nécessité d'encourager une plus grande diversité dans le journalisme; cependant, il n'existe pas de statistiques fiables sur la diversité dans les médias au Canada. Aux États-Unis, la News Leaders Association (NLA) mène une enquête nationale sur la diversité depuis 1978. Il est grand temps que le Canada fasse de même.

Comment cette enquête a-t-elle été réalisée et pourquoi l'ACJ pose-t-elle ces questions spécifiques sur la race et le genre ?

L'ACJ a passé les trois dernières années à consulter des experts en conception d'enquêtes, des partenaires internationaux qui mènent des enquêtes sur la diversité dans les médias dans leur pays, ainsi que des organisations et des personnes qui, au Canada, ont étudié la diversité dans l'écosystème médiatique de notre pays. La NLA, qui mène une enquête aux États-Unis depuis 1978, nous a apporté un soutien inestimable dans la conception de cette enquête. 

Cette enquête, que nous espérons dorénavant mener chaque année, est conçue pour être facile à remplir. Elle ne demande que des renseignements que la plupart des organisations médiatiques canadiennes ont déjà recueillis, généralement lors de l'embauche, ou qui sont faciles à recueillir. 

Pourquoi n'y a-t-il pas de questions sur la classe sociale, la religion, l'identité LGBTQ+, les handicaps ou les langues parlées ?

Il s'agit là de pistes de réflexion importantes sur lesquelles l'ACJ souhaite interroger les salles de presse dans les années à venir pour les prochaines éditions de l'enquête. Dans le but de maximiser la participation, l'enquête ne demande aux responsables des salles de presse que des renseignements qu'ils ont déjà recueillis, généralement lors de l'embauche, ou qui sont faciles à recueillir dans le but de commencer à observer la diversité dans les médias canadiens.

Pour collecter des données sur l'identité LGBTQ+, par exemple, les responsables devraient demander aux employés comment ils s'identifient, ce qui pourrait mettre les membres du personnel dans la difficile position d'avoir à se confier à leur responsable. L'ACJ étudie des modèles pour pallier cette situation. Par exemple, aux États-Unis, l'Association américaine des journalistes gais et lesbiennes mène une excellente enquête qui repose sur le choix des membres de son association de répondre à des questions supplémentaires dans le cadre de l'enquête de la NLA.

Qui recevra ce questionnaire ?

Le questionnaire sera envoyé au rédacteur ou à la rédactrice en chef, ou à son équivalent dans les stations de radio et de télévision, et les journaux imprimés et numériques du pays. Par souci de transparence, une copie intégrale du texte du questionnaire est accessible ici. Voici les salles de presse avec lesquelles l'ACJ a communiqué jusqu'à présent. Si vous êtes un responsable de salle de presse, et que vous n'avez pas reçu une copie modifiable du questionnaire, veuillez contacter [email protected] et nous vous en enverrons une.

Comment l'ACJ a-t-elle choisi les catégories pour les questions sur la race et le genre ?

Les catégories sont adaptées d'un modèle de Statistique Canada. Ce modèle est utilisé par de nombreuses salles de presse qui collectent des données sur la race et le genre de leurs employés au moment de l'embauche. 

Nous avons divergé du modèle de Statistique Canada dans les cas où les catégories sont non seulement erronées mais pourraient générer des résultats trompeurs. À titre d'exemple, Statistique Canada ne propose pas de catégorie "non binaire" comme catégorie de genre potentielle, mais seulement les options "homme" et "femme". Il y a deux autres changements : 1) Le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) a indiqué que l'utilisation du terme "autochtone" tel que catégorisé par Statistique Canada est dépassée et devrait être remplacée par "Inuit, Métis, Premières Nations (avec ou sans statut)" ; 2) L'Association canadienne des journalistes noirs a demandé que "Haïtien" soit signalé comme exemple dans la catégorie "Noir" et non dans la catégorie "Latin" et que "Amérique du Sud et centrale" soit remplacé par "Afro-Latino".

Quand les réponses doivent-elles être communiquées ?

En tant qu'organisation représentant des journalistes en activité, l'ACJ sait à quel point les travailleurs des médias sont occupés. C'est pourquoi nous donnons aux responsables des salles de presse quatre mois pour répondre, c'est-à-dire le, ou avant le 2 avril, 2021.

Quelles données seront rendues publiques ?

Les pourcentages concernant les salles de presse seront rendus publics pour tous les médias qui emploient plus de cinq personnes. Par exemple, le pourcentage de femmes dans le personnel par rapport au pourcentage d'hommes sera divulgué. Le nombre précis d'employés ne sera pas divulgué pour chaque média. Pour les médias de moins de cinq employés, leurs résultats seront inclus dans les résultats globaux, mais la ventilation de la salle de presse par pourcentage ne sera pas rendue publique. Les questions à réponse courte seront divulguées pour tous les médias, mais uniquement sous forme agrégée et anonyme. Voici un exemple de la manière dont la NLA ventile les données que l'ACJ a l'intention de traiter : How Diverse Are US Newsrooms?

Qui aura accès aux données non publiques ?

Seuls la personne chargée de l'administration de l'ACJ et certains membres du conseil d'administration auront accès aux données non publiques. Elles ne seront divulguées en aucun cas.

La collecte de ces données contrevient-elle aux lois sur les droits de la personne ?

Non. De nombreuses salles de presse recueillent déjà ces données. Pour celles qui ne le font pas, la loi canadienne sur les droits de la personne stipule que le fait de recueillir des renseignements relatifs à un motif de distinction illicite ne constitue pas une pratique discriminatoire en soi pourvu que ces renseignements soient recueillis pour lutter contre la discrimination. 

Des organisations ont déjà essayé de mener des enquêtes sur la diversité chez les journalistes par le passé. Pourquoi la situation serait-elle différente cette fois-ci ?

En 1994, l'Association canadienne des journaux a mené une enquête auprès des rédacteurs en chef de 82 salles de presse. La moitié d'entre eux n'ont pas répondu. En 2016, l'organisme Canadaland a fait parvenir une enquête à 18 des plus grands journaux au pays. Trois d'entre eux ont répondu. L'article de l'autrice Vicky Mochama sur l'enquête se termine par cette phrase : « Le refus de divulguer des données sur ce problème rend sa résolution impossible. » 

L'Association canadienne des journalistes a passé les deux dernières années à étudier attentivement chaque enquête sur la diversité réalisée au Canada, ainsi que de nombreux exemples internationaux, pour aboutir à ce que nous pensons être un questionnaire à la fois équitable et facile à remplir. L'ACJ s'adressera aux salles de presse privées et publiques pour encourager la participation. Nous avons également le privilège de travailler avec de nombreuses organisations partenaires qui ont offert de distribuer le questionnaire. Mais en fin de compte, c'est à nous tous qu'il revient de décider si cette fois-ci sera la bonne.

Qui puis-je contacter pour poser une question non répertoriée ici ? 

Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à communiquer avec nous à l'adresse suivante : [email protected]